Le Laboratoire, révélateur d’images

L'Inventeur. Jean-François Martin

Lorsqu’on jette un œil sur les dessins préparatoires des Disney de la grande époque on est toujours surpris par la différence avec ce qu’on voit sur l’écran. Car l’objectif ultime était de supprimer le coup de crayon, de mouliner les styles des différents dessinateurs pour, au final, en faire un unique et estampillé Walt Disney.

Aujourd’hui c’est l’image de synthèse elle-même qui effectue cette uniformisation des styles.
Autant le progrès technologique permet des choses inimaginables en terme de technique et de créativité il y a encore quelques années, autant ces outils peuvent se retourner contre l’imaginaire.
La compilation des Vingt ans de Supinfocom est assez emblématique de cette tendance. Les talents sont là, les prouesses infographiques impressionnantes, mais les étudiants, obnubilés par les techniques ont parfois du mal à développer un style graphique original.
Le projet Le Laboratoire d’images est né de ce constat. L’idée  de Christian Janicot est simple mais évidente : inviter un auteur, étranger au monde de l’animation, au style original et assez identifiable. Il apporte aux étudiants une histoire et un univers original déjà bien en place. Charge ensuite à ceux-ci, de le retranscrire en animation 3D.
Muzorama. Muzo.
Le résultat est une réussite totale. Les réalisateurs ont, dans certains cas, préféré rester fidèles au dessin, en cherchant à retrouver en 3D le style de l’illustrateur (Killofer, Placid, Henning Wagenbreth…) mais dans d’autres cas ils ont préféré l’adapter en 3D (Jean-François Martin, Muzo, Tchikioto – mon préféré -, Rocco…)
Cosmic Jungle. Tchikioto
Ca pêche parfois au niveau du scénario (Tjoyas, Lisa Lugrin et Clément Xavier…) mais les dessinateurs ne sont pas des scénaristes. Et j’aimerais qu’on m’explique pourquoi il n’y a quasiment jamais de scènes dialoguées dans les courts métrages d’animation !
L’édition du DVD est aussi un modèle du genre. Packaging soigné (on dirait du Robial), poster pour chaque film, stickers, cartes postales et un livre bilingue racontant les conditions de création de chaque court métrage… De bonnes raisons d’acheter l’objet, alors que la plupart des films sont visibles sur le site de Supinfocom. [Mise à jour : ce sont désormais des extraits de 30 secondes.]
Après moi. Killofer.
Laboratoires d’Images est une collection et devrait, si tout se passe bien, sortir un nouvel opus à chaque promotion.
Chaque film a son affiche.
Chacun des douze films a son affiche originale.
• Huit films (Killofer, Jean-François Martin, Guillaume Plantevin, Alexios Tjoyias, Lisa Lugrin & Clément Xavier, Tchikioto, Rocco, Muzo) sont visibles sur le site Supinfocom-Arles.

Présentation et entretien avec Christian Janicot le concepteur de Laboratoires d’images
[ERIC D]

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3 réflexions sur “Le Laboratoire, révélateur d’images

    1. C’est fort probable. De plus cela doit être difficile d’animer et de synchroniser les mouvements de lèvres de personnages animés (si on veut faire de l’animation digne de ce nom bien sûr, car un paquet de manga me contredisent).

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