Kick-Ass vs Defendor (2/2)

Kick Ass, Matthew Vaughn, 2010 / Defendor, Peter Stebbings, 2009

Résumé de l’épisode précédent : Le Rayon de la Mort est démasqué par un héros réel.

Son nom : Kick-Ass !
Cela devait arriver. Quelqu’un a eu l’idée tordue de porter masque et spandex pour imiter les héros de comics. Pour extérioriser le besoin rageur de répandre le bien sur un monde accablé par la vilenie. Dave, 16 ans, Geek ordinaire, tente ce transfert et c’est lui qui se fait Kick-Asser !
Normal, c’est la réalité, un costume n’empêche pas les gangs de battre un quidam déguisé.
Fin de l’histoire ? Dans la réalité ça devrait.
Et la première scène de Kick-Ass (scénario Mark Millar, dessins John Romita Jr, édité par Panini Comics et correctement transposé au ciné) devrait suffire : crash et fin du guignol !
Mais histoire il doit y avoir et donc la réalité doit être dépassée.
Un père abusif et une gamine excessive s’y emploient. Et c’est la qu’il y a tricherie.
Aussi enthousiasmante que soit Hit-Girl : elle n’est pas possible. Elle est trop la fillette, c’est abuser et violer la vraisemblance commune.
Donc triche.
En fait Batman repose sur la même base (décès d’un proche, obsession vengeresse exacerbée, lycra et vigilance). Plus proche encore est le Punisher cité par Kick-Ass lui-même et vraie image de la folie furieuse du vengeur à tendance super-héroïque, mais sans pouvoir.
Mais est-ce si nouveau tout ça ? Et surtout, c’est le cinéma qui a radicalement traité le sujet avec un conducteur de taxi désireux de laver les rues, d’éradiquer l’ordure, de muter en héros.
Taxi Driver semblait avoir épuisé le sujet dès l’origine.
Et puis vint Defendor (Woody Harrelson surréel).
Qu’est-ce qu’un super-héro pour de vrai. Quelqu’un de traumatisé, à l’intelligence suffisamment limitée pour mépriser l’évidence du Mal ordinaire et s’acharner à vouloir défendre l’idée simple du Bien et, en passant, comme l’autre Taximan, retirer une fille des griffes de macs et de dealer. Mais lui sans illusion. Et en costume. Sans pouvoir et en respectant des principes. Un cas clinique certainement. Bête au point de se faire l’ange.
Défendre le faible sans être ni Hit-Girl, ni Batman, ni Le Taxi Driver et bien sur sans Rayon de la Mort : en étant honnête avec entêtement, en costume réel dans une réalité crue, débile léger mais allumé profond, c’est donc Defendor qui botte le cul de Kick-Ass.
Et sans tricher.
[ERIC FLUX]
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