Le rayon de la mort vs Kick-Ass (1/2)

Le Rayon de la Mort. Daniel Clowes / Kick Ass. Mark Millar, John Romita Jr.

Et puis vint le jour où les Héros naquirent à la réalité !
Dans le vrai monde, le nôtre, à l’image des Super-Êtres dont la geste est narrée sous les auspices de Marvel, DC et autres Images, des personnes du commun se détachèrent de la foule pour répandre le Bien parmi nous.
Soit disant.
Et cela est beaucoup dit ces derniers temps avec au moins deux exemples. Le Rayon de la mort de Daniel Clowes (Editions Cornélius) et Kick-Ass (Panini Comics mais au ciné aussi).

Rappelons un fait : tout récit de fiction transpose la réalité.
Vouloir mettre un monstre de légende dans celle-ci ne sert qu’à souligner la matérialité de son environnement. Par contraste. Dire que cette réalité est la notre est un truisme. C’est toujours la nôtre ! Il y a donc, fondamentalement, tricherie.
Evidente chez Daniel Clowes qui ne fait qu’utiliser un truc pour ses habituelles (et remarquables, pas de déception ici) analyses amères de caractères fissurés. Le héros subit une irruption de super-héroïsme dans sa vie navrante et, bien sûr, la rend super navrante. Daniel Clowes est toujours habile dans l’ellipse qui ici devient super elle aussi.
Petit jeu pour illustrer : cherchez bien d’où provient ce fameux rayon. N’y aurait-il pas tricherie ? Habile, jouissive puisqu’inversant les tropismes du nouvel héros accablé de pouvoirs surhumains, mais triche, tout de même.

Le Rayon de la Mort. Daniel Clowes / Kick Ass. Mark Millar, John Romita Jr.

L’apparition de super doués dans notre univers est loin d’être neuf. Quelques exemples ?
Il y a des décennies de cela, Axle Munshine, Le Vagabond des Limbes (Godard, Ribeira) poursuivait sa Chimeer hors de son monde de SF jusque par chez nous mais dans Quelle réalité, papa ?

Et plus récemment en 2008 un récit nommé 1985 faisait date en propulsant Galactus, Dr Doom, Magnéto et autres méchants Marvel dans notre réalité. L’argument commercial de la chose ne veut que renouveler l’offre marvélienne de base. Depuis la mort de Gwen Tracy : malgré des personnages irréels, la réalité dépeinte est celle que l’on partage tous et les héros (Spiderman, X-Men) se débattent avec des contraintes typiques de la vie ordinaire.
Contrairement à DC qui se donne plus de mal avec des héros plus iconiques et un environnement déréalisé de Gotham à Metropolis, bien que ce soit chez eux que Batman héros normal sans pouvoir triomphe par sa seule force de vouloir le Bien.
1985, souligne donc une constante chez Marvel. A ce sujet qui signait ce récit hors continuité ?
Un nommé Mark Millar, habitué du truc (Wanted, Chosen tataient déjà le sujet), un dément qui veut tester le « Personnage » à l’épreuve de la vraie réalité authentique à laquelle on peut croire.
Comme par hasard c’est un des rares (plaignons Bendis ou Ellis) qui réussisse, et plusieurs fois, la projection de ses œuvres dans l’hyper réalité crue de l’écran de ciné.
Grâce à lui, voici donc que surgit dans notre environnement quotidien, le vrai héros qui ne triche pas, il est réel, comme nous, sans pouvoir.

Saluez tous voici Kick-Ass !

A suivre…

[ERIC FLUX]

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