Mœbius, une œuvre Major…

Major. Mœbius

À une époque le dessinateur Giraud Jean avait peut-être besoin d’un façonneur d’histoire pour justifier ses dessins. Il y a très longtemps, dès ses débuts, il semble avoir laissé une émanation de lui-même interpréter la réalité sous l’Alias de Mœbius. Une évidence indispensable à répéter en préambule à ce carnet : Major que vous allez avoir du mal à vous procurer. Sinon en allant à l’Expo « Mœbius Multiple(s) » au Musée d’art Thomas-Henry de Cherbourg. C’est gratuit jusqu’à la fin de l’année 2011. *

Major. Mœbius

Il y a plus de trente ans déjà Jean Giraud s’interrogeait sur le sens, non de l’Histoire, mais des histoires qu’il dessinait. Sans projet précis sinon s’affranchir de scénario ou de chutes il lançait dans des espaces insolites et souvent désertiques un Major qualifié de « Fatal » . Mais en prologue de cette nouvelle « non-histoire » écrite sur dix ans (résumée en « mes dix temps » dit-il médisant !) il revient aux origines : elle est le fruit « d’une totale improvisation…d’une absence systématique de crayonné ». Et le désert à maintenant une lettre « B » Où Mœbius tourne interminablement, dessinant sans fin dans des carnets dont on a pas fini de guetter les parutions. L’histoire semblant être la nemesis de l’auteur, l’agrégation de symboles ou signes s’accumulant puis se structurant au fil des croquis. Pour aboutir à une épure de plus en plus précise, lucide, honnête voire évidente, évidée, vide de sens profond. Ce qui est la vérité de la forme sans dessein. Bref une valeur inestimable mais que je suis contraint de mesurer pour que vous n’ayez plus que le besoin de ne pas la chercher, juste la trouver.

Major. Mœbius

Le major est mis en boîte, réduit à une fonction d’oracle. Sur la boite un 8 qui est un infini redressé semblable à « B » le nom du désert. Plus loin il parle de ‘l’infini désert B ». Par une fente le Major répond à des questions que Mœbiusmet dans la bouche de voyageurs. La 1ère divise dialectiquement la réalité pour séparer le bien du mal. Aboutissant à des paradoxes inévitables dans cette logique bêtement symétrique, le Major s’en évade en imaginant des formes devenant réelles dans ce désert faussement vierge.

Major. Mœbius

Et finir par poser la question fatale : « Que fait Dieu ? » À ce stade l’auteur doit poser des pièges sur le chemin des personnages. Donc des portes qui fonctionnent mal puis des clefs qui ouvrent des voies vers ce désespoir ultime « retourner à la maison » qui ne peut-être que le lieu de la rencontre entre le Major et le Dieu du désert : Mœbius en personne sinon en majesté. Et comme à la fin du Garage, un voyageur et non plus un métro mais un train.

Major. Mœbius

Dont la prochaine étape sera sur Mars…

[ÉRIC FLUX]

* Également sur le site moebius.fr

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