Tank Girl


Tank Girl… est une fille délicieuse mais complexe, donc accrochez vous à son gros gun de féministe virile, sa bio est balèze !

Tank Girl, la bio

Ses parents : le dessinateur Jamie Hewlett et le scénariste Alan Martin. Née en 1988 elle reflète pourtant à cette époque tatchérienne une anarchie punk même pas post et, bien que déjà datée, utile pour ridiculiser sans espoir cette bête archéo-libérale qui bradait l’Angleterre. Mais l’énergie, le ponce pilatisme militant où on se lave les mains dans le sang tout en sortant de tordantes réparties toutes en dérision assortie d’un dessin qu’il faut bien admirer tant il apporte de jouissance dans sa cynique précision font qu’une icône nait.

Tank Girl, the movie

« Je ne sais pas ce que c’est qu’une icône mais je sais que si c’est bien géré c’est un prétexte pour imprimer du fric » lui dira un faux semblant de Rupert Murdoch incarnant Circé dans l’hilarante parodie de l’Odyssée parue pour annoncer le film de la consécration de 1995, mais qui justifie surtout les paroles vénales du nabab.
Car en 1995 il y eut un film, avec Naomie Watt mais pour incarner Jet Girl accompagnée d’Ice-T et même Malcolm Mac Dowell égaré dans cet orage très mécanique. Car à part une bande son où l’on trouve Devo, Bjork ou Iggy Pop et des passages animés méritoires, le reste est expurgé de l’intérêt principal de Tank Girl : le second, troisième voire extrême degré. Et risible comme rarement un film peut l’être.
Après ce climax exit Rebecca Burke (son vrai nom) qui cuve sa cuite depuis et réapparait douze ans après avec Tank Girl : the Gifting.
Mais auparavant il va falloir s’appesantir sur les auteurs.

Jamie Hewlett est le vrai papa, qui a su ensuite exploiter tout le sous texte de Tank Girl à travers le projet Gorillaz monté avec son pote de Blur :Damon Albarn. En fait tout l’esprit violemment superficiel de Tank Girl se retrouve dans les clips de Gorillaz et on aurait pu ou dù en rester là. Avec une exception notable, celle de Tank Girl : the Odyssey.

Tank Girl, the Odyssey

C’est Jamie Hewlett revenant au dessin en 1995, non avec Alan Martin mais avec Peter Milligan au scénario qui impose une vision passionnante de l’œuvre mêlant non seulement des références à Homère et Ulysse retournant à Ithaque mais aussi à celui de James Joyce. Lisez la préface écrite pour la réédition de 2009 et vous comprendrez qu’un truc aussi futile que Tank Girl peut susciter une trame multi référentielle plus courante chez Alan Moore ou Warren Ellis source de multiples et perverses joies.

Tank Girl, the Odyssey

« On a du cul que cette violence outrancière ne soit finalement qu’un élément d’une parodie hilarante… Sinon on serait vraiment dans la merde » dit-elle explosant un chanteur de calypso car Peter Milligan a jugé bon de réduire la nymphe qui séquestra Ulysse à cette danse insulaire qui porte son nom. Relisez c’est logique et si cette référence vous échappe comme celle de Dawn, une comparse au nom d’aurore, qui a les même doigts de fée qu’Homère donne à son équivalent divin de l’Aube, mais pour un autre emploi, vous y perdrez beaucoup.
Alors faire un film de ça…
Donc dodo douze ans Becky, puis retour, avec Alan Martin qui s’y colle avec Tank Girl : the lifting.

Tank Girl, the Gifting

Tank Girl est australienne, dans un esprit très Mad Max avec des Kangourous mutants anarchistes, est-ce pour cela que le nouveau dessinateur Ashley Wood l’est aussi ? Peu de chance mais il correspond aux critères. Tank Girl : The gifting lui doit tout ! Car il faut oublier l’esprit de Peter Milligan et la futilité anarchique de Jamie Hewlett, Martin est seulement grossier. Dans des scénario à peine offensants et des propos qui le sont trop. Trop systématiquement à base d’explosion langagière qui semble là pour définir la limite entre trivialité et vulgarité. Tombant dans la facilité de la première sans atteindre la jouissance directe mais complexe par rebond de la dernière. Ashley Wood sauve l’ensemble avec ses néo-graphitis savants, pouvant, en peu de lignes hachurées ou quelques traits simples mais bien tramés par Rufus Dayglo, retrouver l’atmosphère sulfureuse de la punkette australe. Mais malgré ces prouesses graphiques et les poses plastiques de l’héroïne, on reste loin de ses années de mise à nue par Milligan et Hewett qui mourrait de sa main dès que reconnu par elle, encore à poil, comme son vrai père.
« Je ne suis pas nue » avait-elle dit dans une morgue garnie de son équipe défunte. « Vous ne l’êtes pas ? euh…vous évoquez très bien la nudité alors ».
Et c’était encore avec les mots de Peter Milligan, qu’elle concluait… « Amusez vous bien avec vos organes ».

[ERIC FLUX]

• Quelques planches des albums chez Ankama sont visibles sur leur site
Le site officiel de Tank Girl


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